___Bon. Puisque ça se passe mal, alors, autant essayer d'oublier. D'après ce que j'ai compris, Quentin et les autres sont pas encore près de revenir, bref, on décide d'aller se poser dans un bar, 15 mètres plus loin. Je m'assois. Ce n'est pas plus mal, en fait, ça va me changer les idées. Evidement, je n'arrive pas à m'asseoir à coté de Marie... Pour le moment, on est cinq. On commande, je prends un Demi. Les boissons arrivent, je me dis que je peux peut-être essayer d'entamer la conversation. Mais d'un coup, je vois Marie qui se lève. D'après ce que j'arrive à comprendre, Thomas est là. Elle aime beaucoup Thomas. Moi, je suis là, à m'esquinter pour essayer de m'approcher d'elle depuis des heures, et lui, il lui suffit de se pointer pour qu'elle lui saute dans les bras. Je sais que c'est normal, ils sont amis, très bon amis, même. Mais je suis jaloux, c'est plus fort que moi. Je bois les trois quarts de mon Demi cul sec. Terminé. J'en commande un deuxième. J'ai envie de boire. Je crois que ça ne m'était jamais arrivé, d'avoir envie de boire comme ça. Juste par désespoir. Le deuxième Demi arrive. Je sais pas où est passé Marie, je ne la vois plus... Je regarde un peu autour de moi : Je ne la vois toujours pas. Deuxième Demi cul sec. Je commence à vraiment désespérer. Je vois qu'Eva n'a pas fini son Demi. En fait, il en reste même la moitié. Je lui demande si je peux l'aider. Elle me tend son verre. Allons y, cul sec. Quelques minutes, j'attends. Je mets de la musique, baladeur à la main : 'Feeder – piece by piece' ; 'Secondhand serenade – Your call'. J'ai envie de pleurer. Quelques larmes commencent à couler, mais il fait nuit. Personne ne voit rien. Marie me manque. C'est fou de dire ça, alors que réellement, je ne la connais que depuis quelques heures, et qu'elle est à peine partie une quinzaine de minutes. Pourtant elle me manque vraiment. Je commande un troisième Demi. J'allume une cigarette. Cul sec. Je fume. Maintenant, c'est des grosses larmes qui roulent sur mes joues. Chloé, à coté de moi, s'en aperçoit. Elle me demande ce qui ne va pas. J'essaie d'y réfléchir, un peu. Je sais ce qui ne va pas. Mais en même temps, je me surprends à avoir un rire nerveux. Je ne comprends pas. Marie me manque, je suis triste et je pleure ; mais je ris, je ris de ma stupidité, je ris parce que je suis heureux d'être ici. Tout n'est pas encore joué, je me rattraperais peut-être. Peut-être que je ne me fais que des films, et qu'elle m'apprécie mais qu'elle est juste timide. Ou peut-être que non... L'alcool brouille mon esprit. Ma cigarette est toujours allumée. Mon poignet gauche est là, il m'appelle, me disant 'Brûle moi, ça te soulagera...' J'approche la cigarette. Je n'ai pas vraiment mal. Je l'appuie une fois. Deux fois. Chloé se rend compte de ma connerie, pousse un petit cri d'effroi qui me fait sursauter. Je perds ma cigarette, je la regarde, l'air penaud.
- Mais t'es vraiment trop con Lucas, fait pas des trucs comme ça !
___Je ne sais pas quoi dire. J'ai honte. Je me calme un peu. J'attends quelques minutes. Je me lève, je vais au bar. Je commande un quatrième Demi. On me le sert, je le ramène. Eva me dit que j'abuse. Mais que peut-elle faire ? Je bois quelques gorgées. Puis, merde cul sec, j'en ai marre. J'en ai marre, je suis en train de pleurer, je rigole, je sais plus où j'en suis. Marie avait disparu. Je la vois revenir. Il y a Thomas. Ils viennent près de nous. Il y a d'autres gens. Ils s'arrêtent près de notre table. Ils discutent. Oh. Thomas. Marie est derrière Thomas, elle l'enlace. Elle l'enlace, là sous mes yeux. Elle ne peut pas se rendre compte à quel point ça me fait mal. Pour elle, c'est juste un ami. Je regarde, je les regarde. J'ai mal. Je ne sais pas quoi faire. Puis soudain, je murmure :
- Eva, frappes moi.
- Quoi ?!
- Frappe moi s'il te plait, j'ai besoin de me réveiller...
- Mais ça va pas la tête ? dit-elle, sans me prendre au sérieux.
- S'il te plaît, frappe moi.
___Une gifle. Pas fort.
- Frappe moi plus fort ! Met moi une droite, vas y.
- Non, j'pourrais pas faire ça Lucas, arrête de déconner.
___Elle me regarde avec un drôle d'air. Je regarde mon verre vide, mais je repousse tout de suite l'idée d'en commander encore un autre. Ca suffit comme ça. Après quelques minutes, je me lève. Je vais un peu plus loin dans la rue. J'ai l'infime espoir qu'elle vienne vers moi, qu'elle me demande pourquoi je m'isole. Qu'elle se préoccupe enfin de moi. Je suis venu pour elle, à la fin, merde quoi... Mais non, rien. Je tourne le dos au bar, et fais mine de regarder mon téléphone, mais je pleure plus que jamais. J'ai envie de Marie. Je pleure. Je pleure et je me marre, mais pourquoi je suis aussi con ? Je vois Chloé qui se lève, et vient vers moi. Marie elle, s'est rassise, et n'a même pas vu que j'étais parti. Je parle un peu avec Chloé. Elle me dit que ce n'est pas grave, ça finira par passer. Et que faut pas que je perdre espoir, selon elle, ça peut marcher. Il faut juste que je sois patient, il faut juste que je ne sois pas trop pressé. Merci, Chloé. Si seulement tu pouvais avoir raison...
___Finalement, tout le monde commence à rentrer, alors, nous aussi. Chloé va chercher les deux autres au bar, et puis, tranquillement, on est partit : Toute la ville à retraverser, et la fameuse route si longue qu'on commence à bien connaître.
___Dès le début, je me dis que le chemin du retour risque d'être assez éprouvant. La fin de soirée s'annonce clairement, et je suis dans un sale état : je ne pourrais rien faire de plus ce soir. Je me sens plus con et seul que jamais... Je suis toujours à moitié en train de pleurer, et puis, les autres marchent tantôt devant, tantôt derrière, sans vraiment faire attention à moi. J'entend une ou deux remarques, du genre 'Hey Lucas, fait pas ton triste tout seul là, viens avec nous', mais je suis trop crevé pour réagir. Presque amorphe. J'avance. Je suis. Je veux rentrer. Juste rentrer, dormir. Je m'en veux de mon comportement, j'ai honte par rapport à Marie, j'ai envie de m'enterrer. Je veux oublier la soirée, et passer à autre chose.
___La remontée a été assez rapide, en fin de compte. On s'est arrêté un moment, histoire de souffler un peu, et presque tout le monde est allé se trouver un coin discret pour faire un besoin plus que normal après une soirée aussi arrosée (Du moins, pour moi). Puis on a terminé le trajet, sans évènement spécial pour venir le troubler.
- Mais t'es vraiment trop con Lucas, fait pas des trucs comme ça !
___Je ne sais pas quoi dire. J'ai honte. Je me calme un peu. J'attends quelques minutes. Je me lève, je vais au bar. Je commande un quatrième Demi. On me le sert, je le ramène. Eva me dit que j'abuse. Mais que peut-elle faire ? Je bois quelques gorgées. Puis, merde cul sec, j'en ai marre. J'en ai marre, je suis en train de pleurer, je rigole, je sais plus où j'en suis. Marie avait disparu. Je la vois revenir. Il y a Thomas. Ils viennent près de nous. Il y a d'autres gens. Ils s'arrêtent près de notre table. Ils discutent. Oh. Thomas. Marie est derrière Thomas, elle l'enlace. Elle l'enlace, là sous mes yeux. Elle ne peut pas se rendre compte à quel point ça me fait mal. Pour elle, c'est juste un ami. Je regarde, je les regarde. J'ai mal. Je ne sais pas quoi faire. Puis soudain, je murmure :
- Eva, frappes moi.
- Quoi ?!
- Frappe moi s'il te plait, j'ai besoin de me réveiller...
- Mais ça va pas la tête ? dit-elle, sans me prendre au sérieux.
- S'il te plaît, frappe moi.
___Une gifle. Pas fort.
- Frappe moi plus fort ! Met moi une droite, vas y.
- Non, j'pourrais pas faire ça Lucas, arrête de déconner.
___Elle me regarde avec un drôle d'air. Je regarde mon verre vide, mais je repousse tout de suite l'idée d'en commander encore un autre. Ca suffit comme ça. Après quelques minutes, je me lève. Je vais un peu plus loin dans la rue. J'ai l'infime espoir qu'elle vienne vers moi, qu'elle me demande pourquoi je m'isole. Qu'elle se préoccupe enfin de moi. Je suis venu pour elle, à la fin, merde quoi... Mais non, rien. Je tourne le dos au bar, et fais mine de regarder mon téléphone, mais je pleure plus que jamais. J'ai envie de Marie. Je pleure. Je pleure et je me marre, mais pourquoi je suis aussi con ? Je vois Chloé qui se lève, et vient vers moi. Marie elle, s'est rassise, et n'a même pas vu que j'étais parti. Je parle un peu avec Chloé. Elle me dit que ce n'est pas grave, ça finira par passer. Et que faut pas que je perdre espoir, selon elle, ça peut marcher. Il faut juste que je sois patient, il faut juste que je ne sois pas trop pressé. Merci, Chloé. Si seulement tu pouvais avoir raison...
___Finalement, tout le monde commence à rentrer, alors, nous aussi. Chloé va chercher les deux autres au bar, et puis, tranquillement, on est partit : Toute la ville à retraverser, et la fameuse route si longue qu'on commence à bien connaître.
___Dès le début, je me dis que le chemin du retour risque d'être assez éprouvant. La fin de soirée s'annonce clairement, et je suis dans un sale état : je ne pourrais rien faire de plus ce soir. Je me sens plus con et seul que jamais... Je suis toujours à moitié en train de pleurer, et puis, les autres marchent tantôt devant, tantôt derrière, sans vraiment faire attention à moi. J'entend une ou deux remarques, du genre 'Hey Lucas, fait pas ton triste tout seul là, viens avec nous', mais je suis trop crevé pour réagir. Presque amorphe. J'avance. Je suis. Je veux rentrer. Juste rentrer, dormir. Je m'en veux de mon comportement, j'ai honte par rapport à Marie, j'ai envie de m'enterrer. Je veux oublier la soirée, et passer à autre chose.
___La remontée a été assez rapide, en fin de compte. On s'est arrêté un moment, histoire de souffler un peu, et presque tout le monde est allé se trouver un coin discret pour faire un besoin plus que normal après une soirée aussi arrosée (Du moins, pour moi). Puis on a terminé le trajet, sans évènement spécial pour venir le troubler.
Je vais un peu mieux. Marcher, prendre l'air, ça m'a décrassé un peu le cerveau.

